Il y a toujours eu au moins 1 appareil photo chez moi.
C’est vers 5 ou 6 ans que j’ai du faire mes premières images avec l’instamatic familial.
Puis il y a eu le pocket et le polaroïd. 11 ans, et c’est le trio image, écriture et son qui me posaient question. 3 mondes, qui formaient parfois des duos mais que je tenais à réunir. J’ai aussi commencé à explorer les diverses possibilités artistiques qui étaient à ma portée. Dessin, peinture, sculpture, et essuyé mes premiers fiascos. Les coûts et les problèmes techniques m’ont conduit rapidement sur le chemin de l’écriture. A 17 ans, premier contact avec la prise de vue vidéo puis le montage et la sonorisation.
Et enfin, le retour vers la photographie.
A 20 ans, j’avais mon premier boitier reflex 24x36 mm et 3 objectifs (50, 70, 135 mm).
Je faisais l’apprentissage du labo noir et blanc et de la prise de vue couleur, de nuit, au crépuscule, en pose longue ou surimpression. Je consommais entre 3 et 5 pellicules semaine en les faisant tirer en une heure sans correction. 
Première rencontre avec des artistes, un groupe de peintres septuagénaires.  Je montre mes photos, commentaire « Tu fais des ciels à la Manet »…Et après les poses longues et surimpression « Tu es visionnaire mais tu ne le sais pas encore »…..
Effectivement, j’ai mis 20 ans à comprendre.
 

1990, 23 ans, service militaire accompli, nouveau boitier, un des premiers bridges rapporté de Hong-Kong pour mon anniversaire. Pellicules 24x36, zoom électrique,  quelques possibilités de programmes. Premières recherches hors des règles de la photographie, et questionnement sur mon avenir professionnel.
Résultat, un bac pro imprimerie et industries graphiques. Filière réunissant mes passions pour les lettres et l’image.
 
Pendant les cours dédiés aux images, nous abordons les 1ers et 2èmes degrés de lecture. Une fois fait le tour du sujet, je demande au professeur ce qu’il en est du 3ème degré.  Il me rit au nez, ça n’existe pas….Je me suis donc intéressé au sujet à titre personnel. L’apprentissage du banc de reproduction, une sorte de chambre photographique géante, m’a ramené vers l’usage du reflex et la recherche des diverses possibilités de l’outil photographique. Rencontre aussi avec Photoshop dans sa version 1.0, sorte de laboratoire photo sans chimie, sans lumière rouge.
Et avec les premiers scanners à plat, l’image numérique est totalement rentrée dans ma vie. Je faisais des prises de vue de manière « traditionnelle », puis les tirages étaient numérisés et je leur ai appliqué diverses retouches que j’avais apprises avec l’agrandisseur noir et blanc, ou le banc de reproduction et la fameuse peinture inactinique brun-rouge dédiée aux films monochromes.
Dans le cursus, il y avait aussi des cours d’histoire de l’art et de techniques artistiques. Nécessité de connaitre le rapport des textures à la lumière  pour effectuer de bonnes reproductions. J’ai donc cherché et rencontré des peintres utilisant divers techniques et des sculpteurs.

La majorité de mes weekends était consacrés à la prise de vue. Sur des poses longues non retouchées, j’ai remporté 2 années d’affilée le 1er prix couleur des rencontres photographiques de Château-Arnoux, 04.
Professionnellement, me voici graphiste free-lance.
Premier siret en 1994 avec un intitulé d’activité saisonnière….

Mais il reste bien des zones d’ombre à éclairer sur le monde de l’art photographique. Zones d’ombres aussi en matière de techniques d’images mobiles.

Je passe donc un CAP projectionniste 35mm : cours d’optique, décryptage des métiers des plateaux de tournage, éclairage en continue,  règles du scénario, mouvement de caméra et écriture visuelle, montage vidéo, prise de son. Et utilisation du projecteur associé aux règles de sécurité de fonctionnement d’un établissement recevant du public.
  
A la demande de mes camarades de promotion, je rédige 8 projets autour de la projection.  Sur des façades, sur des voiles de bateau, sur des falaises, la création d’un festival de films de sports extrême, l’utilisation de galeries souterraines abandonnées….
Et il n’y aura pas de suite.

A noter que 25  ans plus tard, les progrès de la technique ont fait germer chez d’autres les même idées et certaines sont encore exploitées.

CAP en poche, je reprends mes activités de graphiste photographe en y ajoutant quelques vacations de projectionniste.


J’ai alors l’opportunité de devenir chargé des relations publiques et du fonctionnement de la Fondation CARZOU à Manosque. Une fresque de près de 700 m2, 3 salles réunies autour d’un cœur, une entrée avec librairie et lithographies. Décision de proposer des produits dérivés de l’œuvre de l’artiste. Recherches et rencontres avec des artisans d’arts. Le choc des mondes. Deux univers parallèles avec leurs codes, leur déontologie, leurs habitudes, leurs réseaux.

Découverte aussi de l’internet et des possibilités quasi illimitées en matière de diffusion, de partage, de communication.
Je rédige plusieurs projets autour d’un cyber café de l’art et la mise en place de contacts avec des personnes ou des institutions à travers le monde. On me demande d’abord pourquoi je veux créer une cafétéria, si, si, puis le service culturel me dit qu’il va réaménager la médiathèque avec un point numérique et que mon projet fera double emploi. Nous sommes en 1997. Aujourd’hui, toujours rien à l’horizon.

Mon travail consistant à développer la Fondation, j’ai triplé les entrées, développé des contacts sur New York, Miami, Tokyo.  Mais le but du service culturel de la  Mairie était d’annexer ou fermer la fondation,  j’ai donc quitté le navire.

Après une formation de chargé de communication internet, j’ai proposé à un jury départemental la création d’une entreprise de numérisation de documents et de vérification de pages web (orthographe, droits d’images). On m’a dit que ça ne marcherait jamais. Depuis plus de 15 ans, la France paye des pénalités à la Communauté Européenne pour son retard de numérisation des documents juridiques et notariés.

Mon expérience à la Fondation m’avait aussi ouvert à de nouveaux publics. J’ai donc suivi le cursus du DU de Langues des signe à U3 Aix-en-Provence. Confirmation  que les codes de lecture des langues visuelles sont différents de ceux des langues parlées, et induisent des circuits cognitifs différents.

Premier contact avec la chambre des métiers qui m’a répondu que mon métier n’en était pas un. La technologie numérique en est à ses balbutiements en France. Les gens pensent hobbies, jeux. Quant à la photographie, elle n’entrera sous la coupole des Beaux-Arts que fin 2007. Moi, en début de cette même année, j’exposais à San Francisco. Mais impossible de vendre.  Je m’y suis engagé pour pouvoir faire passer les douanes à mes images.

Je décide alors de prendre le problème à bras le corps. Il faut passer le pas. Je me suis donc plongé dans les différentes notices administratives, mais aussi dans l’histoire de l’art en général et de la photographie en particulier. En parallèle, je fais des essais sur les formats, sur les papiers, sur la nuit et les paysages sauvages, sur les mélanges d’images, sur les images animées, les vitesses de projections et la perception des images par le conscient et le subconscient.
Le passage par la Fac de Lettres m’a initié aux bibliothèques universitaires et l’internet me permet de lire des livres et des mémoires de recherche dispersés à travers le monde. En fait,  je fais pour moi ce que je voulais mettre à disposition du public avec mon cyber-café.

Et contre toute attente, c’est dans le code des impôts que je trouve le concept d’artiste auteur. Je vais être Artiste-Auteur.

Une fois Siret  et code APE obtenus, nous somme en 2012, direction la régularisation des charges et là, rebelote, impossible de m’inscrire, plancher de revenu trop élevé pour moi.

Paradoxe : la loi indique une obligation d’inscription et le service concerné ne prévoit pas d’inscription sous plancher….

La plaisanterie a duré pendant 5 ans.

Et sans validation de payement de charges sociales, impossible de répondre à certains appels d’offres publiques.  

Un jour, apparait dans le référencement des activités couvertes par la Maison des Artistes l’activité de plasticien utilisant la photographie.

Une nouvelle étape est franchie.

J’ai ensuite fait partie de différents groupes, associations, ou réalisé des partenariats avec des artistes pour être présent en galerie, sur divers marchés d’art sur la foire d’Art de Nice, sur les volets composant le calendrier de l’avent de la ville de Biot.

Réapparition du monde de l’artisanat.
A Sophia Antipolis, une exposition mélangea artistes plastiques et artisans d’art dans deux salles contiguës mais séparées. Avec une peintre, nous étions logés chez un métallier de génie. Il y a 30 ans qu’il a mis au point une technique pour des créations qui avaient fait sa fortune. Technique qu’il gardait secrète dans l’attente de trouver l’apprenti qu’il formerait pour prendre la relève ; le lendemain, à la pause déjeuner, il se confie, écœuré. Il vient d’apprendre que si depuis quelques mois il est invité à tous les salons et foires de la région, c’est uniquement pour le pousser à révéler son secret parce que certains ont appris qu’il était très malade. Il s’est éteint quelques mois plus tard. J’ai toujours son secret.


Puis il y a eu les journées Européennes de la culture.

J’étais présent à l’un des débats avec le Ministre de la culture et un designer (Philippe Stark) qui avait lancé le projet de réaliser un portrait composé de photos d’identité’ mises en ligne par qui le voulait dans toute l’Europe.
Discours du Ministre, explication du projet, grandes lignes de la politique commune sur le développement culturel, puis micro circulant dans le public.
Je m’adresse au Ministre. J’explique : autodidacte, j’ai suivi toutes les procédures, tous les conseils, et je n’arrive pas à percer. Que faut-il faire ?
Sa réponse : Partez quelques années à l’étranger. Français vous serez très bien accueilli, ça marchera pour vous et au retour, les portes s’ouvriront.

C’est comme ça que j’ai commencé à fréquenter les forums internationaux, les réseaux sociaux et à multiplier les pages sur le web.

2013 : Finaliste Photo de l’édition 2012 des Talents contemporains de la Fondation François Schneider (8 finalistes sur 800 inscrits en photographie).

2015 : Investissement dans un boitier numérique professionnel, full frame, 24 x 36, 36 Go. Il photographit et film.

Et début des projets en lignes, des premiers contacts professionnels dans les univers du chant lyrique et de la musique classique, et des échanges de créations.
En parallèle, je travaille sur le style, le rendu, les nouveaux supports photographiques, les formats vidéos. Création de clips video artistiques (videoart) et de livres.

Découverte de nouveaux supports dédiés à la photographie.

Et crise sanitaire.

Un monde s’écroule, il faut se réinventer.

Première décision : la création d’un atelier show-room branché sur la fibre.

La fibre est fonctionnelle depuis juin 2021. L’atelier est en cours d’aménagement.

 

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